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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 14:59

                              Un collier anti aboiements

 

Vous savez que ça existe ?

Nous demande celui que notre Inès manifestement dérange. En aboyant quand il passe. Quand il sort du château en faisant le signe de croix, pour chasser le diable qui habite le monde et faire taire notre chienne, mais ça ne marche pas. Elle a une sainte horreur des intégristes. Et quand elle les voit partir en procession vers l'église, elle couvre leurs prières, leurs chants, en gueulant de plus belle.

Elle ne fait, en aboyant, que son boulot de chien. Il devrait savoir ça, lui qui est vétérinaire.

Elle leur dit merde aussi, dans son latin. Et c'est ce qu'il n'apprécie pas. Lui qui n'est là, dans ce château, que deux semaines par an. L'été, avec ses dix mômes. Et ceux qu'il invite dans sa piscine.

Lui qu'on entend hurler toute la journée. Tel un chef scout, un chef de meute. Il entraîne ses troupes. Si les gamins ont peur de plonger, s'ils trouvent l'eau un peu froide, il les exhorte. Il lance sa chanson. Qu'ils reprennent en choeur.

« Taubira Taubira ta loi on n'en veut pas ! »

Toute la journée comme ça.

Et ça résonnait dans tout le vallon. Et ça résonne dans ma tête.

Les colliers anti aboiements, vous savez que ça existe ? Insiste-t-il.

Sur la tour crénelée, à côté du drapeau français, je vois toujours, qui flotte, celui de la Contre Réforme Catholique.

 

 

 

L'est chez li

 

 

Un chien avait surgi sur le chemin : il leur barrait la route.

Pas un molosse, mais assez gros. Suffisamment pour vous interdire le passage. Et vous effrayer, avec ses aboiements.

Ce n'était pas Cerbère, Cerbère à la porte des enfers, il ne faisait que garder sa maison. En interdire l'accès. Chasser, en aboyant furieusement, ces intrus. Ces étrangers.

Les migrants obtempéraient, enfourchaient leur vélo, galopaient déjà vers de nouvelles aventures quand le maître parut. Un petit bonhomme remonté, lui aussi. De son Poitou profond et de ses creux-de-maisons.

D'abord il se tint sur le seuil d'où il embrassa, d'un rapide coup d'oeil, la situation. Puis, constatant qu'elle était normale, que la pluie annoncée, espérée, n'était toujours pas là, il se rendit, déçu mais ne le montrant pas trop (à qui l'aurait-il montré, il n'y avait personne, peursoune), dans son jardin où il se mit à biner la terre. Comme si de rien n'était. Comme si son maudit clébard s'était enfin tu.

Or il aboyait de plus belle, de plus en plus fort, il écumait de rage.

Mes deux cyclistes espéraient un peu d'aide, que le propriétaire fasse quelque chose, dise un mot à son chien, leur accorde au moins un regard.

Hélas, il semblait aveugle, ou sourd, muet, ou pire, indifférent au sort des malheureux estivants.

Qui se virent dans l'obligation, s'ils voulaient reprendre la route, poursuivre leur balade, de l'interpeller :

« Monsieur … Monsieur … ! »

De hausser le ton :

« Monsieur ! Monsieur! »

De crier :

« MONSIEUR ! »

S'entendant appeler par son nom, comprenant la question sans qu'on ait eu à la poser, MONSIEUR répondit :

« L'est chez li ! »

Où il faut entendre que le cabot est chez lui.

Et que les étrangers peuvent retourner chez eux.

 

 

 

Le Bouvier Bernois

 

 

Le Bouvier Bernois est un chien tricolore.

N'en déduisez pas (un peu vite) qu'il est Français.

Si l'on en trouve en France, et de plus en plus, il est, comme son nom l'indique, originaire de Berne. Ce que confirme son plastron, en forme de croix suisse.

Là-bas, on l'utilisait comme chien de trait, pour transporter les bidons de lait dans les fromageries.

Ce n'était pas nouveau, car c'est ce qu'il faisait déjà sous les Romains. Et chien de troupeau. Et aussi de combat.

En fait, c'est une très ancienne race. Qui a, comme toutes les races molossoïdes (grands chiens de garde), pour ancêtre le Dogue tibétain. Et comme qualités principales la fidélité, la gentillesse (il est même un peu collant).

Pour la famille, c'est l'ami idéal. Et pour vos enfants une vraie peluche. Qu'ils adorent caresser. Dont ils adorent le pelage. Le beau pelage noir, blanc et roux.

Car, vous ne l'avez pas oublié, le Bouvier Bernois est un chien tricolore.

 

 

 

Nom d'un chien

 

Avant qu'il ne soit totalement démodé, et plutôt que de le donner au premier chien qui passe, je suggère à celui qui veut franciser les prénoms de prendre le mien, de l'offrir à un étranger méritant, désireux de s'assimiler.

Pour le dire autrement, à la manière du Maréchal, je fais à la France le don de mon prénom.

Nom d'un chien
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