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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 14:55
© Parco archeologico di Pompei

© Parco archeologico di Pompei

                             

                              Poème pour chien

 

J'entends dire que les poèmes ne sont pas faits pour les chiens.

C'est faux!

Regardez le poème pour chien. Il est dans la liste des contraintes (oulipiennes) établie par Marcel Bénabou et consultable ici.

Le poème pour chien (je cite Marcel Bénabou) « inclut le nom d'un chien d'une manière invisible pour l'oeil humain mais parfaitement audible pour l'oreille canine ».

Donc, si je mets dans mon poème du moka, celui qui le lit (s'il existe) n'y voit rien, qu'un détail, pas forcément amusant, une confession inutile puisque de mes habitudes, de mes manies, de mes goûts il n'a rien à faire.

Si d'aventure il trempait ses lèvres dans mon café, il me rendrait mon bol ou ma tasse avec un sourire entendu où je lirais un peu d'ironie, et beaucoup d'indifférence. Il me remercierait, et s'empresserait de reprendre son livre.

Imaginons maintenant que je le lise devant la glace, à plus ou moins haute voix. Moka, le chien de ma voisine (celui que j'appelle Gorka dans mon livre, et que je fais même parler), répondra à son nom, il me répondra en aboyant.

Je vais attendre que ma voisine se réveille et tenter l'expérience.

 

 

                              Chien de poème

 

Les chiens de traîneau existent, vous les avez vus à la télé. Peut-être même que votre voisin en a un, un Husky, bien que votre région soit assez peu montagneuse et que la neige y soit rare.

Si le Sibérien dénote un peu dans le paysage, le maître et son chien forment un attelage assez sympathique. Et surtout harmonieux. On ne saurait dire des deux lequel tire l'autre, qui est le dominant, s'il en faut vraiment un.

Un autre chien de traîneau, c'est le Malamute de l'Alaska. Les non-initiés le confondent avec le Husky, mais si vous regardez bien, vous verrez qu'il a la queue redressée et courbe, alors que chez le Husky elle est tombante. Les Malamutes sont capables de tirer de lourdes charges. Ils tirent aussi leur nom des Mahlemiuts, un peuple d’Inuits vivant dans le golfe de Kotzebue, en Alaska.

Mais je ne vais pas vous faire tout le top 10 des races de chiens de traîneau.

Je ne dirai donc rien du Groenlandais, sinon qu'il est proche du loup, et menacé par l'apparition du motoneige. Je vous rassure tout de suite, vous habitez suffisamment loin des pôles : vous n'avez rien à craindre. Ni pour lui, ni pour vous. Vous pouvez poursuivre votre petite promenade.

Pas un mot non plus du Samoyède, de l'Esquimau canadien, du Laïka de Yakoutie, du Husky de Sakhaline, de l'Alaskan, de l'Eurohound, du Greyster dont les noms, si exotiques soient-ils, n'ont rien à faire dans votre poème.

En dehors de tirer à la ligne, je ne vois pas trop ce qu'ils pourraient y faire. Et vous n'aimez pas les développements oiseux, je le sais. C'est même pour cela que vous écrivez des poèmes.

Alors cherchez-leur d'autres pages. Des blanches, de préférence. Et laissez-les courir sur la neige.

 

 

 

                              Le chien de Pompéi

 

Ce n'est pas un moulage en plâtre. Exposé avec d'autres victimes de l'éruption du Vésuve.

Ni un chien errant, un des nombreux chiens qui viennent mendier dans les ruines et dans mon souvenir. Ou sur le Parking Plinio. Où j'ai garé ma voiture. J'y suis allé tellement de fois. Et ils étaient si nombreux. De plus en plus nombreux.

C'est une petite chienne que j'ai croisée cette nuit, dans un rêve qui avait pour cadre Pompéi, le Parking Plinio exactement, où notre bus nous avait déposés. Où il nous attendait.

Nous étions en voyage, dans un voyage scolaire, et j'accompagnais un groupe de latinistes. Il y avait un parcours, des pauses de prévu, des exposés que les élèves devraient faire in situ. Et sans notes.

Une visite guidée mais par eux. Qui joueraient les conférenciers devant un public bienveillant. Et attentif.

On arrivait au premier rendez-vous quand elle est apparue. Cette petite chienne. J'aurais pu la chasser, comme ces pauvres roquets qui m'importunaient, qui me gênaient dans ma rêverie, or je l'ai accueillie. Et je l'ai suivie, comme Norbert Hanold dans la nouvelle de Jensen. Elle était ma Gradiva. Celle qui marche. Sur trois pattes. Qui claudique légèrement. Allègrement.

 

 

                              Un robot-chien

 

« Le parc archéologique de Pompéi mène actuellement un projet expérimental visant à utiliser de nouvelles technologies pour surveiller et sécuriser les ruines. Parmi elles, se trouve Spot, le robot-chien de la société américaine Boston Dynamics. »

Voilà ce que m'apprend aujourd'hui GEO. Que ce robot-chien va entamer le ménage dans ce grand bordel appelé Pompéi. Qu'il va ramener un peu de discipline, de propreté, faire le boulot des gardiens, pas assez nombreux et pas assez vigilants, des profs, toujours prompts à s'écarter du groupe, à oublier leur tâche, leurs responsabilités pour suivre le premier chien coiffé.

Comme disait ma grand-mère.

 

 

                              Poucave

 

Spot, en bon robot-chien qu'il est, sera capable « d'inspecter même les plus petits espaces en complète sécurité, de collecter et d'enregistrer des données utiles pour l'étude et la planification des interventions ».

Voilà ce que déclare le Parc archéologique de Pompéi, et que reprend GEO .

Il ne rapportera plus la baballe, comme un vulgaire toutou, mais les larcins, dégradations, incivilités dont il aura été le discret témoin (pardon mais je le trouve un rien voyant, jaune comme il est avec ses quatre pattes robotisées, ses capteurs et sa caméra couleur à 360° ), et ceux qui les auront commis. Bref, il sera une vraie balance.

Cette chose, ma parole, c'est trop une poucave !

 

 

 

                              Spot le chien

 

Spot n'enregistrera pas seulement les menus larcins du quotidien, il préviendra aussi les vols nocturnes. Ceux qui avaient le projet de creuser, de poursuivre leurs fouilles clandestines, il les empêchera de sévir. Il mettra fin aux pillages. Il dénoncera les fouilleurs clandestins. Il les coincera dans le tunnel, les noiera dans la galerie.

Je rêve un peu, mais il ne se contentera certainement pas de constater les dégâts, ni de faciliter les réparations.

 

© Parco archeologico di Pompei

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