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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 06:26

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Retour à ma vieille ville natale où j'ai retrouvé des visages, des noms dont me séparaient combien d'hivers, et revu pour la première fois depuis l'enfance, depuis la grande forêt d'enfance, des hannetons.

 

3411835_3a41fcf16b_l.jpgJ'en ai bien compté quinze (sur les trottoirs) jusqu'à La Licorne où j'allais dédicacer Tous les deux comme trois frères. La raison, l'Ours des Vosges -l'apiculteur où j'achète mon miel- me la donne. Les sangliers prolifèrent, de leur groin ils fouillent le sol, toujours en ligne droite, pour déterrer les fameux vers blancs, les larves et ce sont maintenant des hannetons qui s'envolent de la terre labourée vers les arbres, des hannetons qui tombent bêtement, lourdement sur le trottoir où en général on les écrase sans les voir, trois ans de vie immobile, d'obscures mastications et de patientes métamorphoses pour en arriver là.

Le temps est loin où un imprimeur-libraire à Mirecourt, directeur du journal La Ferme, déclarait la guerre aux hannetons, voulait y précipiter toute la jeunesse. Qui ne voyait jusque là dans le gueugueu qu'un jeu, innocent quand on lui attachait à la patte un bout de fil. Un peu moins loin celui des "leçons de choses", où l'instituteur qui ne faisait plus de la chasse aux hannetons un devoir vous récompensait par un bon point. Et cela donnait vite une image.  Mais ce retour du hanneton qui coïncide avec mon retour dans les Vosges, ce que je prends comme un signe (que la nature ici est un peu plus préservée qu'ailleurs), et même pour un heureux présage (tandis que je me dirige vers la librairie où m'attendent mes nombreux lecteurs), je ne suis pas certain, même si les apiculteurs locaux souffrent moins du Cruiser que ceux des plaines à colza, et sont épargnés par le frelon asiatique, qu'on l'accueille plus favorablement qu'en 1868.

Autre phénomène, la chaleur estivale qu'il faisait dans l'Est et la poussée, curieuse en cette saison, des petits-gris (le tricholome terreux ou couleur de terre mais il va, suivant mon souvenir, du gris souris au gris foncé et toujours du côté de La Verrerie) que signalait Vosges Matin et que j'ai pu constater samedi dernier au marché d'Epinal. Où la marchande des quatre-saisons proposait, à côté du muguet du 1er Mai, de ces champignons d'automne dont on racontait chez moi qu'ils avaient été tellement ramassés, pendant la Guerre et à La Verrerie (dont les bois avaient été ratissés), qu'ils avaient quasiment disparu. On parlait des vrais, et non de ces faux petits-gris qui hantaient désormais les sapinières et cherchaient, en vain, à faire oublier les fricots d'antan. On en parlait comme le Maréchal du travail et des travailleurs que je salue au passage, qu'ils défilent ou qu'ils passent la journée en forêt ou en compagnie d'un livre. Je les salue et les invite à cueillir ces survivances: à lire ces symptômes.

 

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commentaires

S
It is really interesting to watch the insects around us. If we watch carefully we can see many beautiful ones among them. I have a collection of variety of insects with me. Thank you so much for sharing the post.
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P
et si on inventait un débat hanneton/coccinelle?
euh... non, là, je m'égare...
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N
non, dans mon cas c'est une Modus.
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D
La voiture, Nicolas, ce n'est pas une Coccinelle? Une New Beetle?
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N
Une coccinelle à sept points sur la portière gris métallique de ma voiture, qu'il faut encore déverrouiller pour s'en aller du parking de ce Market Place où a élu domicile pour quelques beaux jours
encore, certes flottants, ce cirque ambulant.

C'est de toi les proxiphotos?
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