Dans le rôle du jaloux, je verrais bien NVIDIA. Un pionnier du calcul accéléré. Qui bat aujourd'hui, dans le domaine de l'intelligence artificielle, des records de vitesse.
NVIDIA, je me dis, c'est écrit dans son nom.
On voit bien d'où il vient, de quel mot latin. Invidia : « l'envie » ; « la jalousie ».
La jalousie, m'explique-t-on chez NVIDIA, c'est d'abord celle que nous suscitons. Oui, nous faisons des envieux. Inutile d'en rajouter. Notre logo est suffisamment parlant, qui rendra vert plus d'un concurrent, et chassera, nous l'espérons, le mauvais œil.
La concurrence est là. C'est là qu'il faut chercher « l'envie » ; « la jalousie ». Chez Elon Musk. Ou plutôt Kekius Maximus. C'est son nom de gladiateur. Qu'il descende dans l'arène ou qu'il monte sur le ring, c'est celui qu'il portera. Dans ses combats. De MMA. Le prochain l'opposera à OpenAI. Mais il a déjà commencé. Avec la création de xAI. Et quand il dévoile, peu de temps après, le premier produit de la start-up : l’IA générative Grok, qu’il souhaite positionner devant ChatGPT.
Le MMA vient du free fight, un sport brutal où, à l'origine -au Brésil, dans les années 20- tout était permis : coups de poing, coups de pied, projections, frappes au sol et soumission. Heureusement -malheureusement, diront une fois de plus les libertariens- les combats ne sont plus aussi libres qu'avant. Il existe aujourd'hui plus d'une trentaine d'interdictions qui peuvent valoir des points en moins et/ou une disqualification : les combattants n'ont pas le droit de tirer les cheveux, de mordre, de pincer, de cracher, de mettre les doigts dans la bouche, le nez, les oreilles, les yeux de l'adversaire -de chercher à les crever-, de porter des coups à la nuque, à la gorge, à la colonne vertébrale, aux reins, aux articulations, aux genoux et aux parties génitales.
Des règles que le tout frais ministre de l'efficacité gouvernementale rêve sans doute d'abolir.
Comme l'a fait, à peine élu, son Président. Avec le décret exécutif de 2023 qui visait à encadrer les modèles d'IA. Qu'il s'est empressé d'abroger, détricotant méthodiquement -ostensiblement- tout ce qu'a signé Biden.
Kekius Maximus ne peut qu'approuver, qui voit là de nouvelles opportunités. De nouveaux combats. Où tout serait enfin permis.
Il triomphe moins quand ledit Président, le lendemain de son investiture, annonce son méga projet, baptisé « Stargate », comprenant des investissements d' « au moins 500 milliards de dollars » aux États-Unis. Pour lequel s'allient les géants de la tech, Oracle et Softbank. Et OpenAI, son principal adversaire.
En août 2023, son adversaire s'appelait Mark Zuckerberg. C'est lui qu'il voulait affronter au Colisée, rien que ça. Qu'il provoquait. Avec cette question qui rappelle la blague grivoise de la scénariste et sex-symbol Mae West (Is that a gun in your pocket, or are you just pleased to see me?), mais elle est (soi-disant) de Jules César. Et en latin :
Estne volumen in toga, an solum tibi libet me videre ? « Là, dans ta toge, c'est un rouleau ou t'es juste content de me voir ? »
Volumen : « rouleau ». Scroll en anglais. Un livre enroulé. Un livre qu'on ne feuillette pas, pas encore, mais que l'on fait déjà défiler vers le bas. Que l'on scrolle. Littéralement.
Zuckerberg ayant fait allégeance à Trump, son unique adversaire, le seul qui soit digne de Kekius Maximus, maintenant, c'est OpenAI. C'est ChatGPT qu'il veut battre avec l’IA générative Grok.
Pour parvenir à ses fins, il lui faut encore plus de puissance de calcul, sécuriser un approvisionnement constant de GPUs H100. Le GPU H100 est la puce la plus puissante du marché, conçue spécifiquement pour les applications d'intelligence artificielle. Le H100 compte 80 milliards de transistors (des composants électroniques essentiels au fonctionnement d'une puce), soit 6 fois plus que son prédécesseur, la puce A100. Cela lui permet de traiter de grandes quantités de données beaucoup plus rapidement que les autres GPU.
Mais cela ne va pas assez vite pour Kekius Maximus. C'est pourquoi il met la pression sur les chaînes d'approvisionnement afin qu'elles répondent dans les meilleurs délais aux demandes massives (à commencer par les siennes) de GPUs H100, les puces de NVIDIA les plus utilisées (pour les datacenters, les supercalculateurs, etc.). Dans ce match qui sera forcément sanglant, tous les coups sont permis.
Maximus VS Commode : voici l'affiche. Des deux, qui l'emportera ? L'histoire le dira. Ou Gladiator 3. Ridley Scott est prêt, et Paul Mescal qui joue Lucius, le fils de Maximus dans le deuxième volet, est très enthousiaste à l'idée d'un troisième opus.
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